Category: Livres,Etudes supérieures,Université

Holocauste Details

Une fois, parmi les transports, il y en avait un avec des enfants ― deux pleins wagons de marchandises. Les jeunes hommes qui travaillaient à trier les affaires de ceux qui étaient partis pour les chambres à gaz ont dû déshabiller les enfants ― ils étaient orphelins ― et les emmener au "lazarette". Là, les SS les ont abattus.

Reviews

Une des oeuvres principales (avec Témoignages, et Musicien) d'un des grands poètes américains du XXième avec Willam Carlos-Williams, Cummings, Charles Olson, Louis Zukofski, John Ashbury, etc.Reznikoff appartient au mouvement de la poésie concrète : il n'y a pas eu d'équivalent en France, car, par exemple l'objectivisme d'un Ponge (qui s'inspire plutôt d'une démarche phénoménologique) n'a rien à voir dans la mesure où Ponge ordonne en l'ornementant par le choix ouvert des mots son point de vue par rapport à l'objet, qu'il transfigure ainsi. Tandis que Reznikoff se contente de reproduire un état de fait à l'état brut, sa seule intervention relevant d'une mise en rythmes qui conserve elle-même l'apparence de l'arbitraire. Le résultat est troublant, et dépend bien entendu du domaine d'objets ainsi mis en musique. Dans ce poème de 1975, ce sont les archives du procès de Nuremberg et du Procès Eichmann qui alimentent cette approche particulière du réel. L'apparente froideur du poème, liée à la pauvreté elle-même apparente de sa rhétorique, loin de neutraliser un matériau terrifiant, et réel, le transforme en un monument bouleversant : dans un entretien qui clôt ce livre, Reznikoff définit ainsi sa poésie : "nommer, nommer, toujours nommer, de telle sorte que naisse un rythme, puisque la musique fait partie du sens".